Idrissa Ouedraogo et les pionniers du cinéma africain

Idrissa Ouedraogo et les pionniers du cinéma africainSection

Des pionniers à Idrissa Ouedraogo, les premiers pas brillants des cinéastes africains Idrissa Ouedraogo était étudiant en cinéma à Paris I quand il vint à Amiens à l’occasion du jumelage entre le Fespaco et le Festival d’Amiens. Il accompagnait la délégation burkinabé et proposait son premier court métrage Poko, primé au Fespaco 1981. On trouvait dans Poko le style de ses courts métrages à venir (parmi eux le fameux Issa le tisserand) et surtout Yam Daabo (Le Choix), présenté à la Semaine de la Critique à Cannes en 1987. Cette fiction très proche du documentaire donnait à voir la vie quotidienne d’un village du Burkina, fort proche de celui où il avait grandi. Déjà Yam Daabo mettait l’accent sur la variété des univers ruraux qui constituaient son pays. La longue marche des paysans qui, fuyant la sécheresse, se dirigeaient vers des terres mieux irriguées, exprime déjà le sens de la nuance et l’ouverture du regard d’un cinéaste refusant le misérabilisme de certains de ses collègues. Le succès de Yaaba (Grand-mère) présenté à la Quinzaine des réalisateurs révéla un réalisateur de talent. Son œuvre sera de toutes les grandes manifestations internationales : Tilaï, Samba Traoré, Karim et Sala, Le Cri du cœur, Kini et Adams… Il tournera plus d’une quarantaine de films de longs et courts métrages, fictions ou documentaires, pour le cinéma et pour la télévision. De tous côtés les propositions de travail ont salué son talent. La série Kadie jolie, tournée en 2001 pour Canal+ eut un grand succès tant en France que sur le continent. Il représenta l’Afrique dans le film collectif 11’09″01 (September 11) consacré à l’attentat contre le World Trade Center. Idrissa Ouédraogo mit en scène La Tragédie du Roi Christophe d’Aimé Césaire à la Comédie-Française, en 1991. Le 38e Festival d’Amiens salue la mémoire d’Idrissa et des pionniers du cinéma africain présenté par leurs enfants/ayants droit qui œuvrent pour que leur mémoire reste vivante. Jean-Pierre Garcia