40 ans, le bel âge Édition 41

Un voyage sur « la planète FIFAM » : enthousiasmes, rêves, découvertes et plaisirs partagés.

La programmation

40 ans, le bel âge !

Le plus marquant au long des « années festival » a toujours été, pour nous, le moment où, après un long voyage sur la planète cinéma, nous nous trouvions dans un surprenant face à face entre le public amiénois et l’auteur d’un film inconnu. Au début, notre pratique de critique de cinéma nous amenait chaque fois à nuancer notre propos sur l’œuvre présentée. Ce qui ne touchait pas vraiment les spectateurs. Assez vite, nous avons compris que tous venaient pour partager leurs rêves avec le désir des cinéastes présents. Il importait de faire passer l’émotion qui nous avait amenés à retenir ce film plutôt qu’un autre. Tant le public avait besoin de partir à son tour en voyage, dans le temps et l’espace d’autres cultures. C’est ce qu’aujourd’hui Annouchka de Andrade (actuelle directrice) appelle, en une superbe expression : « tisser des mondes ». L’enthousiasme et le bonheur de rencontrer des hommes et des femmes de passion, sont toujours là, intacts dans l’entremêlement des générations et des publics. D’où ce besoin de partager quelques émotions vécues au long des quarante années de festival.

Quelques chiffres d’abord

Quarante années de festival, c’est plus de 10 000 films programmés et près de 500 long-métrages en compétition (et autant de court-métrages), c’est plus de 5000 invités et près de 800 rencontres et débats. C’est plus de 8000 pages de catalogue, 25 ouvrages sur le cinéma, 71 numéros de la revue « Le Film Africain & du Sud», c’est plus de 150 projets soutenus par le fonds d’aide au développement du scénario, dont la moitié deviendra film. C’est aussi près d’un million six cent mille spectateurs.

Quarante ans, 40 films

Nous aurions symboliquement aimé montrer à nouveau tant de films, ceux de Victor Masayesva, indien Hopi (Arizona) qui a laissé son aura indélébile sur la ville ou d’Alanis Obomsawin (indienne Abenaki du Québec) dont la voix cristalline est inscrite dans nos mémoires. Il en va de même pour les œuvres des Maoris (nous pensons à N’Gati de Barry Barclay) ou des Aborigènes d’Australie ; voire des Zapotèques du Golfe du Mexique. Mais aussi les films de la compétition, ceux qui ont été justement primés et les autres qui ne l’ont pas été mais demeurent tout aussi importants à nos yeux.

Les premiers films d’auteurs inconnus à cette époque, nous pensons au tout premier film de Spike Lee en 1984, Joe’s bed-stuy barbershop : we cut heads (1), ou de Mike Leigh (comment oublier Hard Labour, Nuts in May, The Kiss of Death, Abigail’s Party, Who’s Who Grown-Ups, Home Sweet Home, Meantime, Four Days in July) (2) avant que Berlin, puis Cannes ou Toronto découvrent le cinéaste britannique.

Le public apprécierait sûrement les tout premiers films des grands noms des cinémas d’Afrique ainsi Souleymane Cissé, Abderrahmane Sissako ou Mahamat Saleh Haroun. Tous ces films furent montrés à Amiens. Mais la réalité est parfois cruelle et il nous faut, même au bout de quarante ans faire preuve de la même et audacieuse ténacité…

 

Une époque paradoxale

Cette époque-ci est paradoxale. Elle nous offre un accès quasi-immédiat à toutes les images, sans se déplacer, sur son ordinateur ou son home cinéma. Et pourtant, il est tant de films marquants qui ne sont plus accessibles soit par leur format (pas de DCP ou de DVD), soit par la perte de droits de diffusion, soit parce qu’ils ont totalement disparu des mémoires…

Là est posée à nouveau la question des cinémathèques et du patrimoine cinématographique le plus récent. Il est plus facile aujourd’hui de revoir les films américains ou européens (et même français) des années 40 et 50 que les films des années 80, 90 et 2000 (pour tous ces pays). Soyons clairs tous les films qui datent d’avant 2010, (généralisation du numérique), sont extrêmement difficiles à programmer en salle. Ceux qui ont la chance d’exister en copie 35 mm, ne sont plus diffusés faute de projecteur 35 mm dans les salles de cinéma.(3).

Toute une génération de cinéphiles, ne pourra plus vivre l’unicité de la rencontre avec un film et son auteur, avec sa culture et l’histoire qu’il porte.

En cette période troublée et étrange marquée par le virus, nous avons malgré tout voulu (et tenté de reproduire) quelques-unes de ces rencontres d’hier pour les offrir aux cinéphiles d’aujourd’hui. Quarantième anniversaire oblige.

Jean-Pierre Garcia et Sylviane Fessier.

 

Sidewalk stories

(1) Joe’s Bed-Stuy Barbershop : we cut heads, le premier long-métrage de Spike Lee montré (et primé) avant tout le monde en France par le Festival d’Amiens. (2) À l’époque, seuls deux films de Mike Leigh étaient sortis en France Bleak Moments (1971 – distribué par un indépendant, ami des salles et des festivals comme le nôtre) et High Hopes (1989). (3) À de rares exceptions comme le Ciné St-Leu, qui refuse de se séparer de son projecteur 35 mm. Quant aux projecteurs 16 mm qui firent la gloire de nombres de festivals, ils sont quasi introuvables.

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