Au FIFAM, les entrées financent les films de demain
Pour sa 46e édition, le Festival International du Film d’Amiens adopte une billetterie agréée par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Les spectateurs participeront ainsi au financement de la création cinématographique française.
Le principe n’existe nulle part ailleurs sous cette forme : une part fixe du prix de chaque billet de cinéma vendu en France est versée au CNC en vue de financer l’écriture, la production et la diffusion des films. En place depuis 1948, ce mécanisme unique garantit que l’argent du cinéma reste au cinéma, sans rien demander au budget de l’État. Il permet tous les ans à des centaines de longs métrages de voir le jour.
Ce dispositif vertueux pour les contribuables est pourtant menacé. Lors des débats parlementaires sur le projet de loi de finances 2026, plusieurs amendements ont proposé de plafonner les recettes du CNC. Si elle avait été adoptée, cette mesure aurait privé le cinéma français de 98 millions d’euros d’aides. Un autre amendement réclamait même la disparition de l’établissement, qui fête cette année son 80e anniversaire, et le transfert de ses ressources à l’État. Ces propositions oublient que le système repose sur le principe de solidarité. Les recettes des productions à grand succès permettent en effet aux œuvres plus exigeantes de voir le jour. Bien des films découverts à Amiens pendant le FIFAM ou programmés au Ciné St-Leu n’existeraient pas sans le CNC.
Le FIFAM, dont le CNC est l’un des partenaires de longue date, fait donc un choix fort. Le tarif des places restera identique, mais chaque billet financera donc la création de films que l’on découvrira peut-être lors d’une prochaine édition.